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Ce secret que je dois garder

Je ne sais pas par où commencer. J’aimerais écrire une lettre à mon journal, mais il n’a pas entendu parler de moi depuis des lustres. J’aimerais te dire ce que je ressens, mais je ne veux pas t’effrayer. Alors, que me reste-t-il? Comment est-ce que je peux faire pour exorciser mes démons?

Voilà comment je commence ma confession…

Je suis là, complètement déconcentrée, incapable de penser à autre chose qu’à toi, tout au long de la journée et la nuit même… tellement que j’en perds le sommeil. Parfois, je vais voir tes photos, j’entre dans ta vie d’avant, pour mieux te connaître et d’un autre côté, parce que je suis masochiste. Je veux tout savoir de toi, mais ce que j’apprends me blesse parfois, malgré moi. Alors comment survivre à un sentiment si contradictoire, qui fait du bien mais qui m’attriste en même temps?

C’est difficile de plonger dans ton passé, en sachant que je n’en fais pas partie. Oui, ça peut paraître égoïste, mais ce serrement de cœur que je ressens est ma réalité. Le fait est que, je me suis attachée plus que de raison, rapidement, sans le vouloir, sans être capable de m’en empêcher. J’aurais aimé te connaître avant. J’aurais aimé te connaître il y a 11 ans… il y a 15 ans… il y a 20 ans… n’importe quand, mais plus tôt qu’aujourd’hui. J’aurais aimé ne pas avoir à rencontrer des personnes qui m’ont fait atrocement souffrir. J’aurais aimé ne pas être autant déçue de l’amour en lui-même. J’aurais voulu connaître celui qui aurait été l’homme de ma vie très tôt, porter ses enfants et peut-être même l’épouser. J’aurais voulu qu’on achète notre première maison ensemble, qu’on vive des moments uniques, à deux, ensemble, des moments pour la première fois et d’autres souvent répétés. Mais… ce n’est pas le cas. Le fait est que, je suis désillusionnée et toi, tu es prudent. Et ça me tue de commencer à t’aimer, de ne pas savoir si c’est réellement réciproque, et décider de me jeter dans le bain sans savoir si je vais en souffrir. C’est difficile déjà d’imaginer ma vie sans toi, alors qu’est-ce que ce sera dans quelques semaines, quelques mois? La peur m’étreint comme une amie d’enfance, mais elle est décuplée cette fois-ci, et je tremble de l’intérieur car elle devient une meilleure amie dont je n’aurais pas besoin. Alors voilà, je regarde tes photos, je me plonge dans un passé qui n’est pas le miens, et je suis heureuse pour les bons moments que tu as vécu, mais malheureuse de ne pas les avoir vécu avec toi. Je suis égoïste. C’est bien vrai.

Je me pose souvent la question : comment mettre les freins, comment arrêter mon cerveau et la machine du cœur, qui n’écoute rien ni personne et qui n’en fait qu’à sa tête? Comment est-ce que je peux faire pour prendre du recul, alors que toutes les cellules de mon corps crient à tue-tête que tu es celui que j’ai attendu toute ma vie? Pas le chevalier en armure sur son blanc destrier… non. Plutôt cet homme doux, cérébral, cocky et attentionné, qui n’a jamais été aimé et apprécié à sa juste valeur. Celui qui peut passer une nuit blanche plongé dans ses projets et ses passions, qui n’a pas peur de se dévoiler et de travailler fort pour obtenir ce qu’il désire. Celui qui est parfait dans son imperfection, simplement parce que c’est le mien. Comment est-ce que j’ordonne à ce cœur tempétueux et indomptable de se calmer et de patienter, de se protéger du désastre si jamais il y en a un? Parce que je le sais très bien que si ça ne se passe pas comme je le désire, la chute sera immense. Suis-je réellement prête à me tenir à deux pouces du vide, et attendre de voir si le vent va me retenir ou me pousser dans le gouffre que sera mon cœur si tu le brise? Je suis désillusionnée, certes… blessée, peut-être… mais il y a une infime partie de moi qui espère vivre enfin ce que j’ai toujours désiré au plus profond de moi.

Alors je te supporte, je t’aide, je t’écoute, je te comprends, je te soutiens, je te porte dans mon cœur et mon âme, jusqu’à ce que tu saches ce que tu veux dans cette relation qui est la nôtre. Ou plutôt, jusqu’à ce que tu ailles dans le sens que je veux prendre. Je te garde dans mes pensées, dans ma mémoire, dans mes souvenirs si éphémères mais beaux à la fois. Je te fais vivre dans mes rêves, ces songes qui n’appartiennent qu’à moi. Et je patiente. J’attends. Et pendant ce temps, mon cœur devient de plus en plus vulnérable, et la peur prend de plus en plus de place. Je t’ai dans la peau, c’est indéniable. Et je me contrôle de peine et de misère. Car quand je te regarde dans les yeux, tout crie en moi à quel point tu es en train de me faire tomber amoureuse de toi. Mais je ne peux pas le verbaliser. Alors je le garde comme un secret qui ne doit jamais être révélé.

Je suis égoïste, car je te veux pour moi seule.

Je suis désillusionnée, mais une lueur d’espoir vit encore en moi.

Et toi tu es prudent, et tu fais bien.

Au final, celui qui se sera le plus protégé sera celui qui souffrira le moins. Et, à mon plus grand regret, cette protection tu l’as fait voler en éclat. Ce mur que j’avais construit n’est plus, et tu laisse une marque indélébile sur ton sillage. Alors, s’il te plaît, soit indulgent. Ne me blesse pas trop. Et en attendant, je garde ce secret et je profite du moment, en espérant que ce ne sera jamais le dernier.

Je plonge dans ton passé, et ça me fait mal. Alors, laisse-moi plutôt t’accompagner dans ton avenir, pour apaiser nos cœurs brisés, et pour tout réparer. Ensemble.

*** Publié par notre blogueuse, Katharos ***